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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

ABBA ou quand les dancing queens et kings montent sur scène


               


                Fondé à Stockholm en novembre 1972, ABBA - initiales des quatre prénoms des membres du groupe en forme de palindrome (le nom du groupe se lit aussi bien à l’endroit qu’à l’envers  - un peu comme leur musique ? ), groupe « auteurs, compositeurs, arrangeurs et producteurs » formé de deux couples, époux et épouses, ABBA c’est près de 400 millions d’albums vendus sur une période de 10 ans !

C'est ce qu'on appelle " rencontrer son public".

Issu d'un pays, la Suède, pays obscur et sans audience (respect Monsieur Ingmar Bergman !), excepté pour ses auteurs de polars un peu lourdingues et poussifs plus spécialement dans leur adaptation télévisuelle à rallonge, si ABBA c’est aussi une musique pour employés de bureau et autres secrétaires encore fardées d’une journée de travail sans joie ni rêve, amateurs hautement professionnels, avec ABBA, c’est le public qui monte sur la scène car ABBA pourrait sans difficulté occuper la place de leurs fans : pour preuve, la chorégraphie minimaliste d’Agnetha Fältskog et d’Anni-Frid Lyngstad - l'une blonde, l'autre brune (perruquées ?) car il en faut pour tous les goûts -, les deux épouses du groupe ; dans le titre "Dancing Queen", vous n’y trouverez aucun désir d’en mettre plein la vue à qui que ce soit, comme un fait exprès.

Au fil des ans, et longtemps après la dissolution du groupe (à partir de 1982), personne n’en réchappe : ni un bobo du Marais, ni un « plouc » sur son tracteur ou dans sa cour de ferme fourche à la main, ni un trader, ni un cadre moyen ou supérieur, ni un ouvrier à la chaîne, ni un ado du continent indien, et sans doute aussi, un Africain ( et Pygmée ?) dans sa brousse avec son arc et ses flèches parti à la chasse au lion sous l’œil de la caméra d’un Jean Rouch... 

Vraiment, personne n'y résiste ! Car, qui n’a pas un jour fredonné une de leurs mélodies ?

              ABBA c’est un concept d’une redoutable efficacité marchande mais pas seulement ; ABBA c’est aussi et surtout un concept d’un optimisme à toute épreuve : c’est «le bonheur infini d'être né au monde (plus particulièrement dans les années 70 sans doute aussi) mis à la portée d’ados crédules à souhait » ; ce sont « les 15 ans » toujours renouvelés, même à 40, génération après génération, de tous ceux, reines et rois, "dancing queens and Kings" qui, très tôt, ont pu croire que le monde leur appartenait, car cette musique-là est faite pour ça : « Demain vous appartient ; il ne vous arrivera jamais rien de fâcheux. Aussi, consommez-nous sans modération ! »

               Trente ans avant tous les autres, ABBA c’est la world-music de variété, la première dans sa catégorie, au sommet de son art de séduction, même auprès des plus réticents car ces derniers n’aiment pas qu’on leur force les oreilles ni la main, d’autant plus qu’ils sont sur le point, à leur grande honte, de succomber.

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