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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

"Blind shaft" de Li Yan

blind shaft de li yang, cinéma chinois, les mines et les mineurs en chine, capitalisme chinois,

 " J'élimine tout obstacle à mon enrichissement" professe un mineur meurtrier.

 

           A l’autre bout du monde… avec Blind Shaft en 2003, le réalisateur chinois Li Yang met en scène une Chine issue du passage d’un communisme dur à un capitalisme sauvage d'Etat : individualisme forcené et a-moralité sont cultivés sans vergogne et contaminent les plus humbles et les plus fragiles, dans le contexte d’une mine de charbon illégale qui prospère grâce à la corruption des autorités locales.

Un puits sans fond cette mine occupée par des migrants, loin de leur village et de leur famille, très loin, dans ce vaste territoire privé d’horizon, jusqu’à en devenir aveugle. Une mine "tonneau des Danaïdes" pour y engloutir des êtres humains qui ne valent que ce que la famille réclamera comme indemnité en cas de décès (accidentel ou pas !), et ce que le propriétaire sera disposé à verser comme indemnités : situation donnant lieu à des tractations indignes entre les intéressés ; une mort est vite indemnisée et le poste vacant très vite occupé.

                Dans la dernière scène, un crématorium - le corps d’un mineur y est incinéré -, et son conduit de cheminée d’où une fumée épaisse et noire s’échappe, sont placés sous le regard figé d’un jeune mineur héros malgré lui d’un film sans complaisance ; son regard à la fois absent et hébété nous conduira sans équivoque à une prise de conscience d’une réalité dévoreuse de toute considération pour quelque vie humaine que ce soit.

Cette dernière scène forcera la réflexion suivante : jamais dans aucun pays (sinon dans l’Europe des 18è et 19è siècles) de telles conditions ont été réunies pour un développement économique auquel on sacrifiera tout car, en son nom, tout sera permis : le capitalisme occidental l’avait rêvé - et en rêve aujourd’hui encore ! Le capitalisme chinois, lui, l’a fait.

 

Pour prolonger, cliquez : Cinéma, de salle en salle

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