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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Portraits de femmes avec William Shakespeare

 

                 Après Goneril et Regan (deux des trois filles du Roi Lear), lady Macbeth, et Gertrude reine du Danemark et mère de Hamlet... portraits de femmes tantôt cruelles, vénales et a-morales, tantôt inconstantes ou bien encore, crédules par vanité...

Après Catherine dans "La mégère apprivoisée" et son monologue final, sans ambiguïtés quant à ce qui pouvait être attendu d'une épouse sous l'ère élisabéthaine - monologue aujourd'hui inaudible tellement il consacre la soumission totale de la femme dans le mariage -, c'est sur lady Anne, (future épouse du meurtrier de son mari et de son père) que se porte toute l'attention de Shakespeare dans une scène fameuse de Richard III (Acte I - scène II), ici restituée : tour de force d'écriture.

 

                

Acte I - scène II  

 

 

- Did you not kill my husband ?

- I grant you yes.

(...)

- Be damned for that wicked deed ! O, he was so gentle...

- Fitter for the King of heaven who has him.

- And you unfit for any place but hell !

- Yes, one place else, if you will hear me name it : your bed-chamber (...) Your beauty which did haunt me in my sleep could make me undertake the death of all the world, so I might live one hour in your sweet bosom (...) He who bereft you lady of your husband, did it to help you to a better husband.

(...)

Lady Anne crache au visage de Gloucester...

 

- Teach not your lips such scorn for they were made for kissing lady, not for such contempt (...) I humbly beg for death upon my knee. Do not pause !(...) It was I who killed your husband but it is your heavenly face which set me on.

(...)

- I would I knew your heart. I fear it's false.

- Then never man was true.

(...)

- Put down the blade.

(...)

- Shall I live in hope ?

- All men, I hope, live so.

(...)

- I will with all expedient duty see you

- With all my heart...

______________________

           

Was ever a woman in this humour won ?

 

A-t-on jamais fait de cette manière la conquête d’une femme ? 

(une femme qui, voilà une minute encore, crachait au visage de l'assassin de son mari et de son père et qui jurait de les venger)

Ah ! L'inconstance des femmes !

 

***

 

               Sade n'a-t-il pas dit : "Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" ? Et Gloucester, pour leur malheur à toutes, savait parler aux femmes.

               Sade avait lu aussi Shakespeare, sans aucun doute.

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