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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Une courte réflexion à propos du couple Etat-Police

 Billet publié en janvier 2019

 

              

                 Un témoignage de première main que celui de Maurice Rajsfus, enfant de la rafle du Vel d'Hiv du 16 et 17 juillet 1942 - intervention liée à des événements de 2001 et  de 2012 à propos des violences policières.

 

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       Il n'y a pas a priori de police républicaine ; il n'y a que des gouvernements républicains et une chaîne de commandement du même nom ; et de là, par voie de conséquence, des ordres et des agissements républicains ou non.  

        L'option sécuritaire dans un mode "terreur" ... mode censé dissuader les Gilets Jaunes de revenir la semaine suivante, choisi depuis trois mois par le locataire de l'Elysée et ceux qui l'entourent et le conseillent, à défaut d'une option de résolution de la crise par l'action politique, semble destinée autant à flatter qu'à rassurer les classes supérieures actives et retraitées qui composent la base électorale de Macron ; car la peur de cette couche de la société n’est pas nouvelle ; cette peur est vieille de mille ans ; c’est la peur de la Bourgeoisie ( en tant que catégorie et classe politiques et économiques) quand "en bas" ça bouge et que ça n'en finit pas de bouger ; il s’agit d’une peur propre à ceux qui voient leur confort moral (« Je suis quelqu'un de bien finalement ! ») et leur confort matériel et physique (« Ce mouvement, qu’est-ce que ça va me coûter, qu’est-ce qu’ils vont me prendre, qu’est-ce que je vais y perdre ? ») menacés ; car tout au fond de lui, le Bourgeois (petit ou grand) dont le statut repose sur la spoliation du plus grand nombre, sait qu'il est un salaud et qu'il se comportera comme tel le moment  venu : il suffit de se reporter aux propos tenus par Luc Ferry qui recommande que la police "tire dans le tas".

Bombe lacrymogène, matraque, flashballs, grenades de désencerclement, canon à eau, Pasolini aurait écrit à propos de la relation manifestants/forces de l'ordre : "Des pauvres violentent d'autres pauvres !"

Aussi, grande est la tentation de conseiller aux membres dits "des forces de l'ordre" au service d'un ordre injuste et cynique, à ceux qui le peuvent, ceci  : "Quittez donc ce métier indigne et qui le sera davantage encore dans les années à venir car vous n'en avez pas fini de matraquer, d'éborgner du retraités à 800 euros et du salariés à 1200 euros mensuels !"

 

Gilets jaunes et violences policières - cliquez ICI 

        

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               La raison pour laquelle l’Etat couvre avec la complicité de la hiérarchie policière et des syndicats, à chaque fois qu’il le peut, les bavures d'une police qu'il méprise ( des milliers d'heures supplémentaires non payées, salaires indignes, commissariats infestés de rats et de punaises, suppression de milliers d'emplois, des véhicules vétustes, des policiers dans l'obligation de financer leur matériel et leurs vêtements de protection etc...), est la suivante : plus l’Etat couvre les policiers, plus l'Etat se protège d’une prise de conscience qui remettrait en cause la servitude du policier, entre deux suicides, vis à vis de son maître qu’est cet Etat méprisant. Les victimes des bavures tout au long de l'année - passages à tabac, insultes, harcèlement, décès lors des interpellations (des dizaines de vidéo sur internet en témoignent), c'est l'exutoire auquel les deux partis, le couple Etat-Police, ont recours :  l'une pour éviter de rendre des comptes à sa police ; l'autre, pour trouver un peu de consolation face à leur humiliation que représentent leurs conditions de travail et leur rémunération, la lâcheté de leur hiérarchie et de leurs syndicats, en usant d'une violence dite "légale" car lorsque le faible est sans courage face au fort qui l'humilie, c'est alors qu'il prend pour cible un plus faible que lui : un Gilet jaune,  un Ecolo, un Sans-papiers, un voyou, un lycéen, un journaliste de la contre-information Internet sans protection syndicale... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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     La condition policière avec A. Langlois du syndicat Vigi

 

Pour prolonger, cliquez : Gilets Jaunes - le dossier

 

 

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