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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Braquo : série archétypale des réalisations d’Oliver Marchal

 

 

            Braquosérie télévisée en 32 épisodes diffusée de 2009 à 2016  créée par Olivier Marchal ( acteur, réalisateur, scénariste et dialoguiste) et produite par Capa Drama 

 

 

     

Anglade : aucune classe ; une démarche "les genoux en dedans..." - mais que lui est-il arrivé ? 

Malerba : no comment. Trop nul comme personnage de fiction. Rien à sauver. 

Rocher : inaudible ; manifestement, elle n'a jamais appris à articuler ; personne pour le lui rappeler.

Duvauchelle : passe le plus clair de son temps à insulter la terre entière et à se camer.

   

 

Série lourdingue… mais au premier degré, hélas ! Aussi, pas d’humour, pas d’ironie… la faute absolue dans tout processus de création lourdingue.

 

 

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Cinéma complaisant avec la violence…  surtout quand elle est policière…

 

Cinéma démagogique qui flatte systématiquement les instincts les plus bas et les raisonnements du café du commerce après un troisième pastis…

 

Un film d’Olivier Marchal, c’est un peu comme un match de foot : personne n’en sort grandi ; ni les supporters ni les joueurs : matchs truqués, invectives, insultes racistes en-veux-tu-en-voilà dans les tribunes, deux heures durant ; des joueurs qui se couchent au moindre contact avec un adversaire. 

 

Procédés éculés, chez Marchal, celui qui tue (le flic) en toute illégalité, est toujours moins pourri que celui qui est tué (le truand) mais… pourri quand même ; remarquez bien, Marchal prendra soin d’attribuer à ce truand, pour mieux  justifier son assassinat, le viol collectif d’une femme enceinte avant de décédée étranglée (A quand un viol post-mortem après strangulation, qui justifierait l’usage d’un bazouka ?) ; justification de l’assassinat donc et puis aussi, et puis surtout, se « couvrir » car Marchal est frileux (ni courageux ni téméraire) ; il a rarement le courage de ses opinions...

 

Et c’est alors que la conscience du réalisateur et de son public est saine et sauve…  du moins le croient-ils tous ! Car, avec Marchal, ça part toujours d’un bon sentiment : celle de Marchal et de son public avant le dérapage contrôlé,  bien contrôlé… 

 

Cinéma lâche qui n'assume pas son propos, on l'aura compris, avec Marchal, adepte d'une vision infantile à la sauce "western", c'est aux flics, shérifs de leur état, de rendre la justice : loi du talion oblige !

 

Le cinéma de Marchal est manifestement destiné à une audience  pour laquelle la cruauté est "vivifiante et tonique" : scènes de sadisme à tous les étages - en sous-sol plutôt -, jusqu'à se sentir à la fois salis et insultés en tant que spectateurs car enfin : "A quel public croyez-vous vous adresser Monsieur Marchal pour prétendre qu'il se régale de telles scènes ? Un public de porcs ? Et puis surtout : qui êtes-vous Monsieur Marchal, vous et vos productions, pour ne mériter que ce public-là en particulier ?

 

La question est posée. Notez que ce sera le seul questionnement que les réalisations de Marchal seront capables de susciter. 

 

Cinéma de trentenaire célibataire vautré dans le divan de son salon devant un écran plat géant, un pack de bière à ses pieds (le profil de l’abonné de canal+ ?), le regard du réalisateur sur les prostituées nous rappelle que les clichés (ceux du cinéma des années 30 aux années 50) et une bêtise crasse, ont la vie dure : en effet, chez Marchal les prostituées, le plus souvent blanches et européennes, sont nymphomanes ; elles n’en ont jamais assez ; et c’est sans doute la raison pour laquelle elles ont embrassé cette profession avec un tel enthousiasme. 

 

Chez Marchal, les femmes sont la sagesse même ( elles attendent que leur homme rentre à la maison pour les baiser et dire bonjour aux enfants) ; les hommes, eux, sont émotionnellement hystériques - amitié virile oblige : on se tripote, on s’embrasse comme en taule.

 

Avec Marchal, on apprend que les Africains (encore eux !) quand ils sont Présidents, sont capables de marcher sur le ventre de leur mère pour aller violer leur propre fille (on doit la révélation de ce trait de caractère qui est le leur, à un dénommé Abdel Raouf Dafri, co-dialoguiste et co-réalisateur de Braquo au côté de Marchal)... 

 

Quant aux Russes, coupeurs de doigts, de mains, de sexes, de têtes, de tout ce qui dépasse en général, ce sont des barbares confirmés. 

 

Cinéma payant, cinéma sans humour,  sans ironie, tout au premier degré (1), d’une gratuité affligeante, Marchal mettra un point d’honneur à nous proposer à chaque occasion qui fait le larron, des gonzesses à poil alors qu’elles pourraient tout aussi bien rester habillées mais Marchal a une clientèle à satisfaire ; Marchal semble avoir quelques idées sur les attentes de cette clientèle, son marché…

 

Cinéma au chalumeau, vulgaire car insouciant ( et insoucieux) de sa grossièreté, un cinéma de flic assurément que le cinéma de Marchal ! Qui plus est, un flic recruté à la petite semaine après une dictée dans laquelle on trouvera plus de fautes d’orthographe et de grammaire que de mots (un véritable tour de force).

 

Cinéma qui se refuse à élever la conscience de son public, cinéma sans art, aux ficelles aussi grosses que des cordes d’amarrage…

 

Si c’est dur d’être flic, et ça l’est, quand on l’a était, ce qui est le cas de Marchal, il semblerait que ce soit plus dur encore d’être réalisateur (oublions un instant le terme de cinéaste) car le cinéma d’Olivier Marchal ne manque jamais de nous re-servir comme pour mieux nous en persuader, le mythe de "la noblesse des voyous" alors que tout le monde y a renoncé depuis longtemps déjà - Frédéric Schoendoerffer dans « Truands » nous l’a plus récemment encore rappelé d’une manière très convaincante : personne à sauver dans ce milieu.

 

Cinéma souillon, cinéma d’esbroufe, avec Marchal, un flic a toujours une bonne raison d’être pourri car derrière chaque flic se cache une cause… une grande cause, La Cause, celle d’un réalisateur qui n’a jamais vraiment su choisir de quel côté la police devait se situer : le droit ou la force ?

 

Rendons-lui justice : dans le cinéma tiroir-caisse, la force fait recette ; le droit… moins, beaucoup moins.

 

A ce sujet, le cinéma de Michael Winner des années 70, aujourd'hui oublié, avec Charles Bronson dans « Un justicier dans la ville », n’aurait pas fait pire ; Inspecteur Harry non plus avec Clint Eastwood…

 

Même si on pourra avoir sa petite idée à ce sujet… nul ne sait, finalement,  si Marchal ne respecterait pas davantage les truands que la police, plus encore lorsqu'elle se soucie des procédures… 

 

Pour illustrer ce doute... gardienne  de la déontologie policière, l’IGPN sera qualifié de «  tas de merde » surtout quand elle fait son travail – et faut croire que ça doit bien lui arriver… mais seulement dans le cinéma de Marchal alors  ! 

 

Que Marchal ait quitté la police ( de quelle réputation jouissait-il s’il lui arrivait d’en jouir ? Nul ne sait), on peut tous s’en féliciter… même si, vantard, il en a sûrement fait et connu beaucoup moins que ce que son cinéma semble prétendre. 

 

En revanche qu’il se soit reconverti dans la réalisation dite cinématographique, là, on peut se demander quelle est la véritable place d’un Olivier Marchal ? 

 

Vigile de supermarché ? Caddy dans un club de golf à pousser et à tirer la peine et la sueur des autres pour un salaire de pourboire ?

 

Marchal et sa mécanique cinématographique pour producteurs qui n’aiment pas perdre leur mise de fonds - aussi on ne prend aucun risque, jamais !  -, sombre dans l’abîme quand ils se piquent de science politique.

 

Jugez plutôt : Marchal fera dire à un de ses personnages : « c’est la police qui protège la démocratie »…

 

Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? 

 

Sans doute Marchal ignore cette vérité historique : il n’y a pas de police républicaine a priori (répression dans le sang des soulèvements ouvriers ; Seconde guerre mondiale et Collaboration ; massacres dans les colonies ; guerre d'Algérie et exécutions sommaires sur le sol français - aujourd'hui, 50% des effectifs des forces de l'ordre élyséen votent RN)... car, dans les faits, il n’y a que des gouvernements républicains et une chaîne de commandement du même nom ; de là, par voie de conséquence, des ordres et des comportements républicains ou non.

 

La gestion par l’Elysée de la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes nous le rappellera tragiquement. 

 

Si les réalisations de Marchal fleurent avec l'indigne sur un plan cinématographique et ontologique, film après film, Marchal n’épargne rien à son épouse - douce jeune femme - qui souhaitait sans doute tourner dans des productions sympas.

 

Manifestement, elle s’est trompée de partenaire-réalisateur-époux.

 

           En conclusion toute provisoire car, qui nous dit que le pire n’est pas encore devant nous, de Olivier Marchal, ce don Quichotte de l’industrie cinématographique (Marchal prend ses longs métrages pour du cinéma), on sauvera tout de même deux films  :  « Gangsters» (2002) pour la prestation de Richard Anconina ; « MR73 » (2008) pour sa photographie - maigre sauvetage, maigre récolte - entre deux prises en main de ce réalisateur par les porcs de TF1 et les cancres de Canal+ avec le résultat que l'on ne peut plus maintenant ignorer.  

 

 

1 - Dans Braquo, seul le personnage de Roland Vogel et son acteur sortent du lot ; l'acteur semble avoir suffisamment de lucidité ou d'intelligence pour comprendre manifestement à l'insu de son concepteur, de ses producteurs, scénaristes et réalisateurs qui se succèderont aux cours des saisons que Braquo est une production loufoque et lourdingue dans le style "grand guigno" à force d'empilements d'invraisemblances et de scènes gore épisode après épisode.

 

 

PS :

 

Raconter le cinéma de Marchal, il est vrai que ses fans peuvent se sentir mal à l’aise même si l'on souhaitera qu’ils soient un peu moins fans de Marchal et plus souvent mal à l’aise face à son cinéma... d'autant plus qu'il n’y a pas de pensée chez Marchal ; son hyper-violence n’a qu’un but : flatter le beauf vautré dans son canapé.

 

Marchal est sans doute un des derniers en France à cultiver ce cinéma putassier, d'une complaisance sadique et d'un cynisme commercial d’une grossièreté pourtant désuète… d'autant plus que son cinéma a pour références les années 70 ; on sort des années soixante, on entre dans l’ère d’une industrie cinématographique de masse. La capacité du grand public a analyser ce qui lui est donné à voir est alors d’un niveau très médiocre (culture cinématographique  - image, rhétorique, manipulation - a minima, sinon nulle).

 

En cela, le cinéma de Marchal c’est toute la mémoire du mauvais cinéma qui compose aujourd’hui sa culture cinématographique ; dans les faits, Marchal est resté un spectateur ; il n’a jamais quitté les salles obscures de son adolescence ; il n’est jamais devenu réalisateur, moins encore un créateur : il n'a fait que re-copier tout le plus mauvais cinéma dont cette industrie a été capable dans les années 70.  

 

Cinéma destiné à un public qui n’a pas souhaité effectuer au fil des ans, ce saut qualitatif qui permet la critique de ce qui est donné à ressentir émotionnellement ( car tout relève de l’émotion), à propos de ce cinéma-là, on peut parler de « cinéma de la marge » pour un public marginalisé culturellement, doté d’une conscience (qu’est-ce qu’on me sert là, pour qui on me prend, qui suis-je pour l’accepter ?) plus que rudimentaire : absence d’esprit critique et d’auto-critique.  

 

Dénoncer un cinéma du mépris, un cinéma insultant, on pourra regretter que la critique ( Télérama, Positif, les Cahiers du cinéma, les Inrocks) ait choisi d'ignorer Marchal.

 

C’est un tort.

 

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Pour prolonger, cliquez : Cinéma et séries

 

 

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