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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Quand France Culture feint la surdité

 

 

 

Sur France Culture, il faut le savoir, ce que d'aucuns appellent la "shoah", c'est tous les jours, 24/24 avec les rediffs de la nuit. 

De nombreux auditeurs "historiques" de FC s'en sont plaints. 

Saluons ici leur courage car il en faut, c'est certain ! 

Il est vrai que quiconque dans une rédaction s'opposerait à ce qu'il faut bien appeler le matraquage médiatique d'un épisode de la seconde guerre mondiale (sur FC comme partout ailleurs dans les médias mais sur FC plus particulièrement… ad nauseam) se verrait congédié illico presto.

D’autant plus que cet épisode ne nous est d'aucun enseignement quant à aujourd'hui et demain ! Pour preuve, le fait que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les catastrophes humaines n'ont pas cessé, en millions de morts. 

Ce matraquage obscène, mille fois dénoncé par des êtres courageux qui en ont souvent payé le prix fort, salit les morts, tous les morts de toutes les catastrophes humaines ; d'où la nécessité de le dénoncer ; il suffit simplement d'un peu de courage car le courage aujourd'hui c'est d'exposer au grand jour ce racket moral qui cache un désir de domination sur l'histoire à des fins politiques.

Certes ! cela demandera un sacré courage de faire passer ce message d’autant plus qu’aucun personnel des médias ne s'y risquera. 

A ce sujet, cette menace qui pèse sur tout ce personnel mérite en soi une étude qui elle aussi demandera du courage. 

Et pourtant, sans courage, aucune justice ne peut être rétablie (l’histoire c’est aussi une question de justice et pas simplement la continuation de la guerre par d’autres moyens). Or, le courage est bien ce qui fait défaut, tragiquement aujourd'hui, alors qu'il est devenu une qualité d'une nécessité absolue...

Notre société n'a donc pas fini de se défaire pour le plus grand bonheur de ceux qui ont besoin de nous diviser pour mieux régner et rafler la mise. 

On ne s'en étonnera pas : FC a ignoré et continue d'ignorer les plaintes de leurs auditeurs et un CSA saisi à de nombreuses reprises aussi. 

Je dois aux auditeurs courageux qui ont dénoncé et dénoncent aujourd'hui encore ce matraquage d'une radio publique censée ne céder à aucune pression communautaire (car c'est bien de cette pression-là qu'il s'agit - il ne peut être question de quoi que ce soit d'autre) de m'avoir inspiré le texte ci-dessous qui propose une solution qui devrait satisfaire toutes les parties de bonne foi soucieuses de justice et de concorde car... pas justice pas de paix.

 

***

 

Ce qu'il faut enseigner ce sont TOUTES les grandes catastrophes humaines du 20è siècle (deux guerres mondiales - la seconde aux 45 millions de morts civils -, tous les génocides, crimes de guerre avec Hiroshima et Nagasaki, les goulags soviétique et chinois, les massacres du colonialisme, la tentative d'extermination du peuple vietnamien (bombardements massifs des populations par les USA), Le Cambodge avec Pol Pot, le martyre du peuple palestinien ( un peuple sans défense ni soutien) depuis plus d'un demi siècle, et plus récemment, la destruction de toute une région, le Moyen-Orient, aux millions de déplacés et de morts par la coalition USA, Europe, Israël et Arabie Saoudite... et ce afin de ne léser aucune histoire, aucune souffrance, aucune population et cesser de tirer la couverture à soi aux fins de domination historique puis politique in fine.

Dans le cas contraire, tous sont autorisés et doivent être encouragés à refuser avec force un enseignement  aussi partiel que partial de l’histoire du 20è siècle. Ils nous trouveront à leur côté. 

Un être moral, honnête et désintéressé ne valide aucune institutionnalisation d'une concurrence victimaire quelle qu'elle soit car toutes les barbaries ont le même visage ; c'est la raison pour laquelle toutes doivent être enseignées avec la même détermination. Et c'est ce combat-là qu'il faut mener aujourd'hui car c'est bien ce désir-là qui est présent dans toute la société ; et l'on doit y répondre. 

S'y opposer c'est faire l'aveu d'un désir de domination sur la base d'une approche victimaire hégémonique ; c'est instrumentaliser les victimes d'une catastrophe en particulier ; c'est donc malhonnête et immoral. C'est barbare dans les faits : certains assassinats de masse seraient donc plus justifiables que d'autres car c'est là encore faire l'aveu qu'une catastrophe humaine en particulier serait digne de compassion et d'enseignement avant toute autre.

Seul un esprit communautarisé à outrance ou partisan serait capable d’un tel raisonnement ; or, là encore, communautariser l’histoire c’est instrumentaliser l’histoire. Instrumentaliser l’histoire c’est sortir de l’histoire en tant que discipline susceptible d’énoncer quelques vérités factuelles non communautaires et non partisanes. 

Et enfin : quels sont ceux qui aujourd'hui jouissent de l'autorité morale et intellectuelle qui les désigneraient à conduire un tel changement ? 

On peine à citer ne serait-ce qu'un nom ! Ils ne sont vraiment pas assez nombreux, hélas ! Car il ne peut s’agir que de ceux qui auront et ont sans ambiguïté condamné les crimes des bourreaux d’aujourdhui victimes panthéonisées d’hier.

Le débat est donc ouvert à propos de l'enseignement de toutes les barbaries et de la détermination avec laquelle toutes doivent être équitablement enseignées d'un point de vue historique tout en gardant à l'esprit qu'un enseignement positivement discriminatoire serait souhaitable et sans doute inévitable en faveur de certaines d'entre elles face à l'hégémonie d'une barbarie en particulier, et ce durant des décennies ; cette dernière devra alors prouver sa bonne foi et sa bonne volonté en s'effaçant tout en participant à cette politique de discrimination positive. 

 

P. S 

Les meurtres de masse ou les tentatives de meurtres de masse sont la marque de fabrique de notre espèce avec le génie artistique et scientifique, la compassion et le pardon. D'une grande banalité donc ces crimes de masse ! Banalité récurrente riche d'aucun enseignement.
 
Pour preuve, la personnalité et les motivations de ceux qui conduisent tous ces meurtres (l’amour du travail bien fait et de l’obéissance aux ordres donnés : « Rien de personnel, rassurez-vous ! – Ah merci ! Je suis soulagé tout à coup ») tout au long de notre histoire.
 
C'est bien ce que Hannah Arendt a compris et que "sa" communauté lui a que difficilement pardonné car alors, plus aucune concurrence victimaire (genre : "le crime commis à mon encontre est au-dessus de tous les autres crimes !") n'est possible ou justifiable.
 
Quand on connaît les enjeux politiques (de la pire espèce), culturels (enjeux de domination) et économiques autour de l'instrumentalisation de ces crimes... on comprend très vite que les analyses de Arendt ont coupé l'herbe sous le pied de pas mal de gens.
 
Arendt, son honnêteté ... c'est le sol qui se dérobe sous les pieds de ceux qui ont fait de ces crimes de masse leur raison d'agir, de dominer et d'exclure parfois les plus brillants d'entre nous tous.
 

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Pour prolonger : 

Y a-t-il un Shoah Business ?
 
Fille de rabbin, Tova Reich dénonce l'exploitation commerciale de l'Holocauste dans un roman hilarant "Mon holocauste" qui a fait hurler aux Etats-Unis.
 
Ouvrage paru en 2014.

 

 

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