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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Sud-Radio "en même temps" : radio assurément macronienne !

 

Après avoir passé un mois à l'écoute de Sud Radio, station appartenant à la holding Fiducial, c'est sûr... on peut sans hésiter faire le constat d’un média qui propose une grille de programmes très éclectique ! 

Un temps station régionale (sud-ouest), maintenant nationale, station de radio dite « généraliste »… courses de chevaux, sexologie, astrologie, jardinage, cuisine, conseil en investissement boursier, actualité politique et sportive et de nombreuses émission de « libre antenne » pour des intervenants auditeurs vociférant à souhait mais pas toujours dépourvus de pertinence… 

Sorte de mixte entre radio Courtoisie (RN), radio « Ici et maintenant » des années 80-90 (tendance new-age et ateliers payants de sophrologie à la demande), assimilable à une résurgence du Figaro des années 70 à la « grande période hégémonique » du groupe Hersant qui se trouvait alors à la tête d’une grande partie de la presse quotidienne nationale et régionale, et alors que les insultes d’un dénommé Louis Pauwels pleuvaient à propos d’une jeunesse atteinte de ce qu’il qualifiera de « sida mental », les animateurs de cette station ont de qui et de quoi tenir la dragée haute à tous ceux qui seraient tentés de les « comprendre » pour ce qu’ils sont : sur leur page Facebook , peu fréquentée il est vrai (1), tous les commentaires qui leur sont défavorables sont supprimés. Votre serviteur a pu en faire l’amère expérience à de nombreuses reprises. 

Adepte du "en même temps" à la sauce Macron, « en même temps tout et son contraire », radio macronienne dans son esprit donc, Sud Radio qui se dit indépendante, accueille et soutient l’écologie en même temps que la FNSEA, Etienne Chouard en même temps que Elysabeth Lévy - (même si c’est Etienne Chouard qui finalement dégage et E. Lévy à la droite de la droite qui demeure à son poste), Gilbert Collard ou Robert Ménard ( re-droite de la droite) en même temps que Juan Branco situé à l'extrême gauche… 

Confusionniste à souhait, opportuniste et démagogique, Sud Radio, radio commerciale, a pour modèle économique : la publicité - une publicité intrusive et bruyante, un rien ringarde : est-ce là sans doute la raison pour laquelle Sud Radio accueille donc tout et le contraire de ce tout car, tout comme l’argent, l’audience n’a pas d’odeur ? 

 Allez savoir !

Sud Radio recycle sans vergogne et sans honte les vieilles carnes pourtant discréditées de l'audiovisuel ; une Arlette Chabot y a son fauteuil pour y poser ses fesses d’intervenante-télé reléguée à la "TNT canal 26" aux côtés d’un Pujadas dont on savait depuis des lustres qu’il n’y a rien à sauver…

Pourquoi Sud Radio se croit-elle obligée de continuer de faire entendre à leurs auditeurs les voix de tous les relégués des médias dominants qui ont largement fait leur preuve en termes de compromission et de soumission aux intérêts supérieurs de la classe politique et économique ? 

Mystère… 

Si sur la forme Sud-radio place la barre des décibels assez haute, en revanche sur le fond (comme quand il est question de se soucier d'établir "qui fait quoi, à qui, comment, où, pour-quoi et le pour le compte de qui"), cette barre pourrait être franchie sans difficulté par un enfant de cinq ans. 

 Mais... qu'à cela ne tienne ! Ciblons maintenant trois intervenants, lesquels résument à merveille cette radio tant dans ses non-dits que dans ses éruptions audio-cutanées : 

Honneur au dame !

 

Elisabeth Lévy (née 1964)

 

Appartenant à la droite nationale-sioniste (2), régulièrement invitée de Pascal Praud (3), à la tête d’un webzine nommé Causeur, Elisabeth Lévy n’a de cesse d’adresser des procès d’intention à tous les Français de souche extra-européenne et à ce qui reste de la gauche, la vraie.

On l’aura compris : pour cette dame, les Arabes, les Africains, les Musulmans et cette gauche humaniste qui a pour ADN l'antiracisme, l'anticolonialisme, l'anti-impérialisme, l'anti-nationalisme... - engagement insupportable à ses yeux, rapport à son allégeance inconditionnelle à Israël qui n'est pas sans conséquence sur la conscience de tout un chacun quand il leur en reste une -, sont haïssables à souhait : on ne doit rien leur épargner ; et rien ne leur sera... pour sûr ! 

Son webzine (proche du magazine Marianne sous la direction de Polony qui a, un temps, oeuvré chez Sud Radio) mettra un point d’honneur à publier voilà un mois, deux billets qui parleront de "purge salutaire" à propos du coronavirus et d'un "On ne va mettre en danger notre économie pour quelques milliers de morts !" (4).

Billets aujourd'hui dé-publiés de sa page Facebook.

Complotiste (E.Lévy soutient la thèse chère à R. Camus du « grand remplacement  » aux côtés d’un Zemmour, d’un Finkielkraut, d’un P. Bruckner ou d’un forcené nommé Taguieff), infatigable dénonciatrice de l’antisémitisme même et surtout fantomatique ( chez elle, tout est antisémite : la vérité surtout !), Causeur se distingue principalement, et sans doute uniquement par une ligne éditoriale qui se refuse à reconnaître le racisme pour ce qu'il est et les discriminations pour ce qu'elles sont : l'antimétisme, oui ! Mille fois oui ! Le racisme, non ! Mille fois non et jamais !

Une vue de l'esprit le racisme pour toute cette "bande à Causeur". 

 

       Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Elisabeth Lévy... complotistes et suprémacistes, on peine vraiment à comprendre ce que ce trio insultant pour notre République fait encore dans les médias alors que d'autres,  pourtant légitimes, interdits d'antenne, bannis de toutes les antennes, peinent à  trouver des canaux de diffusion susceptibles de relayer leurs analyses... 

Ne cherchez pas l’erreur car il n’y en a évidemment pas. 

Force est de constater que le racisme mène une vie tranquille avec tout ce petit monde aux manettes et aux commandes, tous en poste qui à France Culture, LCI, Le Figaro, Sud Radio… 

Leur présence à tous, prouve une fois de plus que le racisme n'est plus un délit mais une opinion comme une autre, choyée par les médias, qui plus est !

 

André Bercoff (né 1940) : « Bercoff dans tous ses états ! » tel il s’affiche. 

 

Si l'on doit saluer chez Bercoff un engagement authentique en faveur d'une parole dissidente, capable de pénétrer le réel et de dénoncer tous les abus - ses invités l'attestent le plus souvent -, "en même temps" se doit-on de faire le constat suivant : 

 

Sournois, et alors que d’aucuns ont connu André Bercoff à gauche, aujourd’hui partout et nulle part mais fermement à droite quand même, il n’a de cesse, émission après émission, d’attirer dans ses filets ceux qui ont beaucoup de mal avec nos compatriotes issus de l’immigration du travail et de notre empire colonial ; en particulier, ceux qui ne sont décidément pas contents de leur sort et qui le font savoir partout ailleurs que chez Sud-Radio qui les prend régulièrement pour cibles tout en se gardant bien de leur accorder un droit de réponse. 

Obsédé par une guerre civile qui, décidément, tarde à venir - comprenez : guerre entre les Français de souche et les Français issus de l’immigration (en cela il rejoint les E. Lévy, les Zemmour et combien d’autres ?) -, pour un peu, on en viendrait à soupçonner cet énergumène de la souhaiter cette guerre civile, d’autant plus qu'un Laurent Obertone (autre chantre de la menace d’une guerre inter-ethnique) est son invité favori et les auteurs de l’éditeur Ring ( extrême droite sioniste) aussi. 

Et enfin : 

 

Philippe Bilger (né 1943) : fils d’un père d’extrême droite condamné à dix ans de prison à la libération, magistrat dont les contribuables ont payé le salaire près de cinquante années durant et aujourd'hui sa retraite plus que confortable, légaliste jusqu’à la plénitude d’une soumission à toute épreuve aux grands corps de l’État, non content d’avoir servi « une justice fatalement pour les riches », cet individu s’autorise à cracher quasi systématiquement sur ceux qui ont le malheur de désigner les locataires de l’Elysée et de Matignon comme les principaux responsables de leurs déconvenues.

A la retraite, on retrouve donc le même candidat à la servitude et à l’obéissance : soumis un jour, soumis toujours ! 

Tel père, tel fils ?

 

            En conclusion même provisoire, après un mois d’écoute de Sud-Radio, on est vraiment en droit de se demander ce que son président, Didier Maïsto, dont il nous faut bien mentionner le nom, est venu faire dans cette galère ! Un Didier Maïsto humaniste sincère (rappelons que si l’on n’a pas la compassion ni le pardon, on aura les camps ; et on les a eus - URSS, Europe, Asie !) dont il faut saluer l'initiative suivante : il aura été un des premiers à ouvrir ses micros au mouvement des Gilets Jaunes et aux policiers réfractaires ; il aura aussi permis à Juan Branco de se défendre contre les attaques répétées des médias à son encontre.

            Mais alors, cette radio, sa ligne éditoriale confusionniste et franchement située à la droite de la droite avec un fort biais national-sioniste, aurait-elle échappé à Didier Maïsto ? Aurait-il laissé une rage brune indomptable prendre le contrôle de cette station ? 

Tout est son contraire...

En même temps...

Occuper à « parler vrai ! » (c’est le slogan de cette radio)… on serait franchement tentés bien plutôt de demander aux intervenants de « parler juste » car ce "vrai " à la sauce Sud Radio ressemble étrangement à un « Parlons cash ! » démagogique, un rien condescendant qui n’a bien évidemment que peu de rapport avec une quelconque scrutation d’une réalité quelle qu’elle soit dans toute sa belle et grande complexité.

 

 

1 – Leurs auditeurs ne sont manifestement pas férus d’internet et des réseaux sociaux sans doute pour des raisons à la fois géographiques et culturelles... problèmes d'accessibilité aussi : ils sembleraient que leurs auditeurs soient implantés dans des zones dites péri-urbaines, loin des métropoles et des départements qui les accueillent ; un grand nombre d'entre eux étant principalement installés dans des départements ruraux.

 

2 - Le modèle de société de cette idéologie (le national-sionisme) c’est la société israélien, celle d’une théocratie militaire de type nationaliste, raciste, colonialiste et impérialiste : dans un contexte français, on pensera à "la tentation apartheid" et à la répression sans vergogne des populations issues de l’immigration et de notre histoire coloniale, réfractaires à une laïcité qui n’a qu’un but : les étouffer, les humilier et les reléguer. 

Côté classe politique, Netanyahou est leur modèle, leur héros à tous : crapulerie, corruption massive, cynisme anti-humaniste d’une violence rare. 

Tous partagent une négation assumée des discriminations ; négation des racismes, négation de la réalité d’une société multiculturelle depuis les années 60 (indépendance de l’Algérie ; retour des colons ; exil d'une partie des "autochtones" qui refusent une Algérie arabe et musulmane ; immigration de travail à la demande du patronat français) ; tous ont recours, lorsque mis en difficulté, au chantage à l’antisémitisme ; arme massive de soumission totale ou bien de relégation pour quiconque est pris pour cible. 

 

3 - Un des animateurs-télé les plus sournois sur la question des minorités visibles - du LCI tout craché qui accueille aussi Zemmour… comme quoi…

 

4 - Extrait du billet : https://www.causeur.fr/hecatombe-billet-cioran-wittgenstein-schopenhauer-173919

 

« Nous ne nous agitons que pour aggraver des situations qui ne feront qu’empirer, incapables que nous sommes d’affronter l’angoisse d’être nous-même », disait Cioran dans un élan taoïste. « Pratique le non-agir et tout restera dans l’ordre » : Lao Tseu avait tout compris… et Causeur de conclure : "Qu’est-ce qu’une épidémie, sinon une relaxation démographique dont la planète a parfois besoin, comme le corps humain d’une purge".

 

5 - Finkielkraut n’est-il pas celui qui déclarera, en avril 2018, chez Causeur auprès de E. Lévy, dans l'indifférence générale, au moment de la remise du "rapport sur les banlieues" commandé par Macron et son premier ministre à Jean-Louis Borloo, ce qui suit : " Dans cent ans, les historiens pourront nous expliquer comment notre civilisation a investi des milliards dans son propre anéantissement !"

Ce qui lui aurait valu sans l'ombre d'une hésitation une condamnation au pénal si la cible de cette remarque scélérate avait été les minorité sexuelles, les femmes ou les Juifs. 

P.-S.
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