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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

GILETS JAUNES : BERNARD STIEGLER À PROPOS DU COURS DES CHOSES

 

( à propos des GJ : vidéo à la 42,54mns)

 

Réflexion autour de l'incapacité du mouvement Gilets jaunes à influer d'une manière décisive sur le cours des choses :

 

B. Stiegler : " Avec les Gilets jaunes, j'ai pensé tout suite aux événements de 1848 tout en gardant à l'esprit que derrière cette date il y a deux siècles de pensée critique ; or, autour du mouvement GJ il n'y a pas de puissance intellectuelle (ouvrière y compris) car un mouvement populaire ça se prépare ; ça (se) mûrit ; un mouvement populaire c'est aussi un mouvement intellectuel ; un mouvement qui passe donc par le savoir : la puissance de la pensée..."

 

Suite à cette analyse de Stiegler, on peut maintenant passer à la question suivante : pourquoi "nos" intellectuels ne se sont pas mobilisés ?

 

La réponse est aussi simple que navrante : si les syndicats étaient absents, les partis dits "de gauche" aussi... tous "nos" intellectuels ont été terrorisés à l'idée de se tromper, à savoir : soutenir, accompagner un mouvement qui aurait favorisé une récupération par la droite et l'extrême droite...

 

On mentionnera aussi la baisse vertigineuse de niveau chez les diplômés du supérieur, notamment dans les sciences humaines : niveau d'analyse et de raisonnement.

 

Autre constat : pourquoi cette crainte de l'erreur ?

 

Les médias ont tout mis en oeuvre, très tôt, pour entretenir le doute quant à la respectabilité de ce mouvement GJ ; ces intellectuels ont d'autant plus facilement validé cette campagne de diabolisation que ces derniers ne sont plus sur le terrain depuis des lustres ; ils ne connaissent pas ( ou plus) les classes populaires et les classes moyennes ; il n'y a plus qu'une seule réalité à leurs yeux : leurs multiples passages dans les médias dominants, les campus universitaires, les salles de conférence et autres colloques devant une assemblée, celle de leurs pairs, et la publication d'ouvrages destinés à l'avancement de leur carrière ; ouvrages qui ne seront lus par personne excepté dans les cercles universitaires.

 

La réalité des conditions d'existence des classes populaires leur est maintenant comme totalement hors de portée ; d'où l'indifférence, le soupçon et le rejet quasi instinctif de chacune des mobilisations de ces classes assimilées le plus souvent à la tentation autoritaire, voire ultra-autoritaire.

 

Dans les faits aujourd'hui encore inavouables, tous ces intellectuels qui se croient encore de gauche, n'ont toujours pas pardonné aux classes populaires et classes moyennes leur rejet des partis politiques, leur abstentionnisme massif (premier parti de France) et ce vote qui est passé du Parti communiste au RN ex-FN...
 
D'où leur réserve, leur doute et finalement, leur désir de revanche : "Qu'ils s'en prennent donc plein la gueule tous ces ploucs fachos !"

 

Il est vrai qu'ils ont tellement aimé les années 80 et 90 et cette fausse gauche nommée PS !

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