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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Gendarmes et voleurs... passe , impair et manque


 


 

Pathétique le discours syndical policier (1) à propos de la requête incessante pour "plus de moyens et moins de restrictions quant à l'usage des armes" ; grossière cette erreur qui consiste à croire que les forces de l'ordre auraient entre les mains "la solution" ; croyance partagée par une opinion publique composée de lecteurs qu'une presse de droite du Figaro à Marianne et de la "fausse gauche" n'a de cesse de flatter pour mieux l'entretenir.

Preuve d'une immense prétention et d'une ignorance crasse cette croyance en la "toute puissance" de la répression armée et carcérale : ignorance des causes ; ignorance du facteur psychologique ; ignorance de la sociologie des acteurs en présence ; ignorance de l'impuissance de la force dans un Etat démocratique, qui plus est dans le contexte d'une société libérale dans ses moeurs et ses tolérances (2).

Les trafics ? Les clients des dealers et de leurs petites mains, sont les classes populaires et moyennes de souche européenne, soit dit en passant. 

Tous se trompent et d'époque et de régime donc ; et c'est se mettre une pression ingérable et inutile que de penser que l’on détient La Solution « si seulement on nous en donnait les moyens ! » avec pour conséquence le sentiment de l'inutilité de son engagement en tant que policier : démission dans la rancoeur et le dégoût, dévalorisation de soi, dépression, bavures létales, suicide.


Il faut le dire car il faut le savoir : il y a des conditions irréversibles d'organisation de l'existence dans les quartiers trop longtemps relégués (3) , et alors qu'il ne pouvait pas en être autrement à leur sujet étant donné la nature des projets qui ont conduit à leur création  ; l’important étant de contenir le développement de ces zones (c’est le travail du politique et si peu celui de la police) en permettant à celles et ceux qui veulent en sortir de pouvoir le faire (offres d’opportunités, voire… mesures de discriminations positives) car toutes les sociétés abritent des zones où le droit (et les devoirs de ceux qui sont chargés de faire respecter ce droit) est en difficulté. L'Etat le sait mieux que quiconque ; c'est la raison pour laquelle sa police est elle aussi délaissée et finalement reléguée (la police, ça se prend et ça se jette !) : conditions psychologiques et matérielles de travail et salaires indignes, et ce... de tout temps.

La preuve de l’inefficacité de la répression vous la trouverez donc dans le sous-financement, le laxisme dans le recrutement et la formation des forces de police d'autant plus que si une hirondelle ne fait pas le printemps, l'attaque d'un commissariat de banlieue, une de plus, n'annonce certainement pas une insurrection : l'Elysée, Matignon, nos institutions peuvent dormir sur leurs deux oreilles ; ce n'est jamais qu'une affaire de "gendarmes et de voleurs" à cette nuance près : les uns savent qu'ils jouent car c'est aussi un jeu, les autres pas ; d'où la frustration et la colère de ces derniers. 

 

 

 

1 - et plus encore quand on connaît le bilan de leur action : ICI pour une analyse.

 

2 - D'autant plus que si l'on peut être boulanger en toute impunité, il en va tout autrement pour un policier : port d'arme, pouvoirs d'exception, monopole de la force légale sous le contrôle du droit ( enfin... le plus souvent)... et les conséquences qui vont avec... ces conséquence, on appelle ça "les risques du métier". Il n'y a que dans les dictatures où le travail du policier peut s'effectuer en toute impunité.

Aussi, gardons à l'esprit que plus vous avez de pouvoir plus l'impunité de celui qui l'exerce est susceptible d'être remise en cause ; dit autrement : plus  il est difficile d'échapper aux conséquences... dans un Etat de droit, bien évidemment.

 

3 - Des populations ghettoïsées par millions ; fruit d’une politique de logement racialisée et discriminatoire… une partie non négligeable des classes populaires est disqualifiée socialement car considérée comme superfétatoire ( rien n'est prévu pour elle depuis la Révolution numérique ) ; quant aux classes populaires spécifiquement issues de notre ancien empire colonial, on notera l'absence de projet les concernant à l'heure où le travail n'est plus un outil intégrationniste pour les Français de 1ère et 2ème générations depuis la globalisation ( métiers non qualifiés réservés aux nouveaux entrants ainsi que l'externalisation d'une partie de ces métiers en Europe de l'Est et en Asie) et la Révolution numérique. 

 

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