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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Lordon, de Lagasnerie, Bégaudeau : une gauche à la recherche de la Gauche

Billet rédigé en Janvier 2022

 

 

 

                   La gauche ? Quelle gauche ? Les élections ? Quelles élections ? Le pouvoir ? Quels lieux de pouvoir ? 

La seule figure de gauche que les médias valideront est celle d'un Yannick Jadot de EELV (1). 

 

La macro-politique est morte pour la Gauche, la vraie, même s'il y a encore des places à prendre, des carrières à gérer - de belles carrières aux salaires confortables ; les députés LFI en savent quelque chose ; eux qui ne sont pas près de (ni prêts à) quitter l'Assemblée.

Reste le local alors, le terrain (la micro-politique au jour le jour) : mobilisation, occupation, dénonciation, négociation... de la rue au quartier, de la ville aux lieux menacés par des décisions iniques et corrompues ; environnement, écoles, services publics, entreprises… justice des conditions d’existence donc, à une échelle locale avec l’exercice d’une pression là où nul ne peut cacher ses motivations, ses partis-pris, son histoire ;  une action politique « en face à face ».

Nombre d’injustices, nombre de problèmes ne relèvent pas de l’international ; ceux qui ne cessent de prétendre le contraire n’ont qu’un but : "noyez le poisson"... nous forcer à renoncer et à subir.

La gauche aujourd'hui (nouvelle gauche ?) minuscule parfois mais mobilisée, ce sont les ZAD ; c'est là qu'on la trouve et qu'on la trouvera dans les années à venir. Et les résultats sont plus qu'encourageants car c'est ce qui est proche qui vous sauve.

Les ZAD donc non pas comme fin en soi mais comme terrain de résistance et d'affrontement ; mais aussi, les ZAD pour ceux qui souhaitent ici et maintenant, sans attendre un "Grand soir" aussi illusoire que roublard, trouver un début de solution à leur engagement ;  les ZAD et l'entrepreneuriat collectif, rural, urbain et périurbain : agriculture, élevage, artisanat et services. 

Les expériences réussies feront tâche d'huile ; le bouche à oreille sera dévastateur. 

Certes, il faudra renoncer au standing, à l'argent, à un 200m2 dans le centre  de nos villes interdits au plus grand nombre ; renoncer aussi à enseigner aux fils et filles des classes supérieures -  on pensera aux profs qui se disent de gauche ; profs des prépas, des dites "grandes écoles" et autres universités de la grande bourgeoisie  ; renoncer à "la carrière", sortir de chez soi, de son quartier, de son milieu, est une nécessité ; prendre des coups ; vivre avec les classes populaires...

Rien de grand ne peut être accompli sans sacrifice.

Tout le reste, discours et interventions médiatiques, n'a aucun intérêt pour la Gauche ! d'autant plus qu'il n'y aura pas de "Grand Soir" pour personne... même pour le camp dit d'en face mais que l'on peut aussi trouver derrière soi : et c'est alors "qu'on l'a dans le dos" ce camp d'en face !

Rappelons à toutes fins utiles ceci : on préférera toujours une pensée née dans l'action (née de l'action) qu'une pensée qui cherche une sortie dans l'agir hypothétique, théorique le plus souvent ( "Il faudrait que..." ) sans toutefois trouver une issue et un encrage autre que conceptuels, fatalement académiques et tragiquement car involontairement... consensuels. 

Le Système ne craint aucun discoureur...

Excepté ceux qu'il bannit et persécute ; ceux qui l'attaquent frontalement et qui, forts d'une audience au seuil critique, menacent l'efficacité de la propagande des médias de masse ; les médias de nos milliardaires ; et rares sont ceux qui s'y risquent. 

La génération adulte à la fin des années 70 a trop fait l'expérience de cette assimilation-récupération-domestication-banalisation d'un Foucault, d'un Deleuze, d'un Bourdieu et même d'un Guy Debord que la petite bourgeoisie haïssable car Tartuffe et sournoise du petit personnel de France Culture qui aimerait bien "en être" de cette bourgeoise bien assise mais qui n'en sera jamais (c'est trop tard... les 30 Glorieuses sont derrière ce petit personnel, loin derrière), a su récupérer...

Debord donc et combien d'autres !

Depuis, une violence sociale et morale implacable n'a pas cessé de prospérer.

 

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                   Reconnaissons que Bégaudeau a fait quelques sacrifices  ; il aura su refuser un destin à la Onfray (un Onfray que les médias ont fait ; un Onfray accro à ces médias), même si... on retrouve chez lui le petit Blanc de province pas tout à fait encore sorti de l'adolescence (il n'aurait donc pas oublié ses années de collège et de lycée, en particulier, au moment de la récrée ?) qui pense encore trouver chez Nietzsche des raisons de qualifier toute colère, en particulier celle des minorités visibles, celle de nos compatriotes issus de notre histoire coloniale, de... "ressentiment".

"Ressentiment"... le mot est lâché... lâché par Bégaudeau dans un entretien récent (
ICI) .. (vocable massue de la fausse gauche et de la vraie droite pour disqualifier toutes les luttes contre les injustices !) car la bourgeoisie ( même la petite bourgeoisie) finit toujours par rentrer à la maison après s'être encanaillée auprès des relégués, et ce  d'autant plus que le marxisme de Bégaudeau, très circonscrit  - tout relève de la lutte des classes ; deux classes et seulement deux -  dominants, dominés - ne permet plus aujourd'hui d'analyser nos sociétés dans toute leur complexité, sachant d'une part que le dominé trouvera toujours un plus faible que lui à mal-traiter, et d'autre part, qu'il y a des vécus qui aujourd'hui échappent à toute une gauche ; et pour cause : cette gauche dont on ne saurait pourtant questionner l'authenticité, ne les a jamais ni vécus ni côtoyés ; elle n'aura jamais cherché vraiment à en recueillir toute la souffrance intime ; celle des intéressés(es) et de leur ascendance (parents et grands-parents) dans le cadre d'une République dite "assimilation-niste" d'une perversité inégalée en Europe.

 

1 - Pro-UE, pro-Euro, pro-mondialiste, pro-atlantiste, pro-US, pro-israélien, pro-libéral, pro-bigpharma, pro-anti-poutine, pro-anti-chine, pro-anti-trump… un vrai pro ce Jadot mais néanmoins écolo.

Sans qualité ni talent particulier, clone de manuel Valls… présomptueux, toute la suffisance, toute l'assurance de la médiocrité dans un seul homme : Yannick Jadot, l'homme sans courage.

Trou du cul déjà sous contrôle de l‘oligarchie mondialiste, Jadot croit recueillir le soutien du Système en désignant comme ennemies d'aujourd'hui et de demain la Chine et la Russie car Jadot n'a toujours pas compris que les USA sont la menace suprême : menaces militaire, financière (racket de l’Europe) et économique (protectionnisme et chantage au détriment de l’Europe) aux millions de morts et de déplacés avec la casse du Moyen-Orient depuis 2001...

             ... dans les faits... depuis la fin du 19è siècle en tant qu'Etat guerrier.

Yannick Jadot est donc sur les rails pour la présidentielle ; nul doute, le système l'a déjà coopté comme candidat de rechange dans le cas où Macron serait hors-jeu ou bien comme son "garçon de course-premier ministre écolo à la sauce CAC 40".

Chacune de ses interventions nous le confirme.

 

Fonctionnaire de l'utopie, il serait bon que Lordon aborde le radicalisme sous l'angle du questionnement suivant :

- Qu'est-ce qu'il est encore raisonnable d'oser espérer ?

                       Ce qui signifie :

- Qu'est-ce qu'on peut encore obtenir en se mobilisant ?

                  Ce qui implique cette autre question :

- Quel niveau de mobilisation peut-on encore attendre ?

                 Et puis fatalement...

- Qui est disposé à sacrifier quoi ? En particulier ceux qui sont à l'abri du besoin.

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