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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Voltaire et la caste médiatique et culturelle

             Négrophobe, raciste, antisémite et vénal, porteur d’un égo sur-dimensionné (comment faire parler de soi, comment rester au centre de toutes les attentions ? En s’investissant dans le fait divers : affaire Calas)... 

Voltaire haïssait le Peuple qui, à ses yeux, n’existe pas : il n’y a que la populace dont il faut toujours se méfier, surtout quand elle relève la tête et donne de la voix (on pourra se reporter à l’épisode Gilets jaunes qui nous a permis d’identifier tous les chantres de la thèse voltairienne).

Si Voltaire n’aimait pas les Jésuites, il haïssait l’athéisme ; en effet, il pensait que l’Eglise, la religion, était la meilleure gardienne de prison de ce peuple-populace qui ne devait en aucun cas être laissé sans contrôle ; une Eglise, première force de contrôle social, police des âmes et des idées sous l’ancien Régime.

Voltaire a toujours gardé à l’esprit ce qui suit : « Tremble not before the free man but before the slave who has chains to break ».

Voltaire sera le persécuteur le plus déterminé et le plus constant d’un J.J. Rousseau auteur d’une faute impardonnable : il s’en est pris à la propriétaire privée et à l’argent… aux écus sonnants et trébuchants car Voltaire, soucieux de ses intérêts (de classe), intolérant, millionnaire dont la fortune peut être légitimement questionner sur un plan moral, restera le gardien des marchands du Temple : le protecteur du business et d’un Régime favorable à la rente dans le cadre d’un ordre social qui se voulait immuable.

Voltaire ne paiera jamais d’impôts.

Craintif et méfiant comme tout bourgeois qui se respecte, redoutant les révoltes et les révolutions - redoutant La Révolution ! -, il pactisera avec l’Angleterre, ennemie jurée des intérêts français à cette époque (et aujourd’hui encore ?), admiratif qu’il était de son système de monarchie constitutionnelle : Voltaire avait tout simplement oublié les assassinats "politiques", les décapitations et les Révolutions (pourtant amplement documentés par Shakespeare), dans l’histoire récente et moins récente de cette Angleterre.

En revanche il savait une chose pour certaine : le petit peuple de France n’a rien à envier à la condition qui était alors celle du petit peuple de cette Angleterre car les intérêts de ceux qui n’en manquent pas sont préservés là-bas tout autant et bien mieux encore.

 

***

 

 

          Si aujourd’hui, à son sujet, le mensonge par omission règne en maitre, si Voltaire est autant prisé et choyé aujourd’hui par la bourgeoisie blanche appartenant en particulier à la caste médiatico-culturelle, c’est que cette caste lui ressemble comme une sœur dans sa mentalité (mais certainement pas dans le talent bien évidemment).

François Bégaudeau dans son ouvrage « Ta bêtise » (le titre est une litote qui manque hélas de courage : « Ta scélératesse de Tartufe » aurait été plus juste) l’a rappelé avec une grande pertinence, à ceux qui l’avaient oublié.  

Car si Marx a tout dit à propos de la bourgeoisie d’affaire, cette caste méditico-culturelle née dans la seconde moitié du XXè siècle, aujourd’hui à l’apogée de son influence, demeure celle des êtres dont la fourberie n’a d’égale que la somme de leurs mensonges ( à son sujet, il est plus juste de parler de mensonges que de contradictions), organisés en véritable système de pensée car cette caste est foncièrement conciliante et pusillanime : elle se pardonnera tout à elle-même ; en revanche, elle finira toujours par ne rien pardonner à ceux qui ont l’imprudence de mettre en danger son confort moral ( et matériel) : elle sera alors aussi lâche qu’impitoyable.

"La cérémonie" de Claude Chabrol nous a en partie plutôt bien exposé cette lâcheté et cette cruauté.

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