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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Annie Lacroix-Riz : une leçon d'historienne

              

 

             "Il faudra bien qu'un jour  on se décide à analyser le fonctionnement des historiens."

 

Annie Lacroix-Riz est Professeure émérite d’Histoire contemporaine à l’Université Paris-Diderot ; elle nous parle de son expérience des archives.

Partisante d’une histoire totale ( l'historien doit chercher dans toutes les directions) ainsi que d'une histoire qui a pour premier matériau les Archives, Annie Lacroix-Riz, historienne banni des médias (excepté chez RT France), dont les recherches concernent la France des années 30 (patronat, syndicats, partis politiques) et la Seconde guerre mondiale (la Collaboration), est proche des mouvements communistes : 

 

« Pour faire de la bonne histoire, il faut croiser des sources différentes ; y compris des sources éloignées du sujet de recherche de l’historien. »

« Ne pas hésiter à se tourner vers des sources étrangères lorsque les sources française sont introuvables »

                          (sources rendues inaccessibles car elles font l’objet de rétention et de déperdition - ex : les archives patronales).

 

« Les archives publiées sont extrêmement filtrées par les ministères »

« Un bon historien doit s’entourer d’une masse d’archives dont il devra prélever les éléments significatifs »

«  Etre un historien qui place au centre de ses recherches la consultation et l'annotation des archives implique le fait de devoir faire des choix. »

« L’Histoire, c’est la reconstruction d’une histoire ; les archives sont le matériau de cette histoire, la grande Histoire et l'histoire relative à une personne.»

«  Après 50 ans de métier, je peux vous dire qu’un idéologue qui agit au nom d’une idéologie n’est pas seulement un idéologue ;  il est aussi et surtout qui un homme qui une femme dont les motivations et l’histoire personnel, le caractère, la personnalité guident tous ces partis-pris et ces décisions. D'où la nécessité de tout connaître de ces décisionnaires ». 

« Ce sont les hommes qui font l’histoire ; ces derniers ne peuvent pas ne pas faire partie du sujet d’études ; les événements ne sont rien ; les acteurs sont tous »

« Un historien a besoin d’avoir un cadre théorique qui permet d’expliquer les choses ; en particulier, la dimension économique et sociale - rapports de classes - de tout événement, de tout sujet de recherche et d’études car tous les acteurs de l’histoire ont des intérêts d’ordre social ; d’où le recours à une analyse totale du sujet de recherche (personnes et événements) dans toutes ses dimensions. »

« Une culture bibliographique, celle des ouvrages de ses pairs historiens passés et présents, ne remplacera jamais les archives d’autant plus que cette bibliographie a une influence néfaste sur l’historien : elle le conditionne inconsciemment ou pas ; les ouvrages qu’il aura lus influenceront inévitablement la nature de son travail. »

Les sources (les archives) permettent d’approcher ceux que l’on n’approche jamais. 

« Les historiens du consensus, d’une histoire aseptisée, ont mené et mène contre le travail d’archives un véritable travail de sape. Pour eux, les archives sont une  gêne. Un historien curieux est forcément un historien anticonformiste car les archives livrent des infos  tout à fait différentes de celles qui sont communiquées par les médias qui n’ont pas pour vocation de « faire connaître. »

« Faire de l’histoire avec les archives c’est s’habituer à l’idée que rien de ce qu’on va trouver n’est conforme en rien à ce qu’on vous raconte ; les archives permettent de donner à la réalité une image qui n’a rien à voir avec ce que les propriétaires des médias nous donnent à comprendre. »

« l’Histoire bien-pensante, carrière oblige, consiste à respecter une doxa ; or, les archives c’est mettre les doigts dans le potage ; c’est inévitablement mal se tenir à table. Les sources font de l’histoire un vrai sport de combat rarement pratiqué malheureusement. »

Les sources permettent d’approcher ceux que l’on n’approche jamais. 

Ces trente dernières années, nous avons vécu une période qui  nous ont amené à balayer tout ce que les deux siècles précédents nous avaient apporté en matière d’histoire » L’histoire économique et sociale a disparu.

Ce qu’on nous livre tous les jours c’est la propagande de ceux qui possèdent la presse.

 

Pour prolonger, cliquez : L'histoire c'est la guerre

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