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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Patrick Buisson en promo : des médias complaisants à l'écoute

          Buisson seul… face à Buisson ; un Buisson qui ne nous aura parlé que de Buisson cinquante minutes durant au côté d’un Taddéï à l’aise et enjoué.

          Buisson un temps directeur de Minute (hebdo d’extrême droite au sommet de sa diffusion dans les années 70), Taddéï ne le mentionnera qu'en passant car, aujourd’hui, toute morale réprimée, toute honte bue, à l’heure où la suprématie d’un Zemmour Grand maître de la parole raciste avec le soutien de la classe politique et médiatique inextricablement liée - tous à la fois clients, fournisseurs et prescripteurs - n’est plus condamnable, sans doute n’est-il alors pas moins digne d’avoir occupé ce poste comparé à un rédacteur en chef de… disons… le Nouvelobs : cet hebdo aujourd’hui moribond ne serait donc pas plus respectable que Minute à propos duquel une dizaine de titres et médias ont repris le flambeau de la diffusion des partis-pris de l’extrême droite : Figaro, Marianne, l’Opinion, le Parisien, Atlantico, Causeur, Sud Radio, C-news... ?

C'est à voir. 

            Sans surprise, avec Buisson, il sera bien évidemment question de déplorer la disparition d’une France chrétienne (et ses curés pédophiles aussi aux centaines de milliers de victimes en cumul ?), France de Jeanne d’Arc, France de de Gaulle… même si au fil des ans, ce même Buisson n’aura été capable de sortir de son chapeau qu’un Sarkozy, le politique un temps locataire de l’Elysée, le plus corrompu de la 5è République qui s’est autorisé tout ce qu’il aurait dû s’interdire… et dont il fut le conseiller spécial ; sans oublier bien évidemment la famille le Pen (et ses troupes de l’ombre – cabinet non pas fantôme mais impatient d’en découdre ; faut dire que ça fait plus de deux siècles qu’elles attendent le couteau entre les dents) ; une famille auquelle on ne pourra guère confier ne serait-ce qu’une halte-garderie sans devoir craindre le pire : incompétence, indignité et chaos.

Comme quoi, tout se tient même si tout se défait en particulier chez ceux qui déplorent que tout se défasse.

            Avec Buisson en promo dans tous les médias, et personne pour lui apporter la contradiction, force est de constater que l’extrême droite a vraiment le vent en poupe ; leur complaisance à son égard (Mitterrand dès les années 80 puis France 2 avec Ruquier sous la direction de la productrice Barma), n’a donc pas fini d’être responsable, année après année, de l’emprise de cette catégorie politique sur les consciences, celles du personnel médiatique en particulier... les fesses à l’air et entr’ouvertes ; il est vrai qu’il n’y a pas qu’à Fleury-Mérogis que les sphincters se détendent avant de se relâcher, pas toujours sous la contrainte et le chantage comme... garder ou perdre son emploi.

            France d’aujourd’hui contre France d’hier… le présent contre le passé (et vice versa), et l’avenir qui attend son heure, patient et déterminé, Buisson n’expliquera jamais pourquoi il ne pouvait pas en être autrement ; cette incapacité qui est la sienne explique la raison pour laquelle Buisson ne sera jamais qu’un essayiste à l'humeur chagrine mais certainement pas un intellectuel.

Tout ingénieur sait si un projet tiendra debout ou pas et si, un pont, un ouvrage, est menacé d’effondrement face au constat d’un vice de construction. L’histoire finalement, elle aussi, obéit à des lois que des historiens perspicaces, honnêtes et courageux savent définir : pour preuve, le fait qu’elles n’ont de cesse, toutes ces lois, de témoigner et d’expliquer, siècle après siècle, le comment et le pourquoi des conditions d’existence des groupes humains, des sociétés, des nations et des Continents car qui peut sérieusement prétendre que les grandes catastrophes de l’Histoire auraient pu être évitées ? Personne ne l’a encore démontré.

Qu’on ne se méprenne pas : il n’y a pas pour autant de fatalité ; il n’y a que des systèmes, des idéologies, des spécificités culturelles, ethniques, des hommes, des femmes, des désirs de domination émanant de prédateurs assoiffés de pouvoir et d'abus, des circonstances et des contingences qui font que ce qui ne devrait pas arriver ne peut pas ne pas arriver (car tout est alors en place et fin prêt !), acteurs passifs, acteurs actifs, bourreaux et victimes interchangeables à souhait, au sein d’une complexité de relations inextricables dans le cadre d'une responsabilité le plus souvent partagée ; et ce … de tout temps.

              En revanche, expliquer pourquoi tel événement, telle catastrophe humaine ou environnementale, ne pouvaient pas ne pas arriver, c’est là que les esprits supérieurs remportent haut la main la bataille de l’entendement et de ses enjeux sur les esprits chagrins occupés à déplorer, par exemple, le fait que le présent ne ressemble pas au passé : notez... le leur de passé en priorité… le plus souvent.

Esprit chagrin sûrement et puis aussi, et surtout… esprit rentier. Rien de surprenant à cela ; à force de regarder en arrière, c’est le présent qui vous passe devant à votre insu et l’avenir qui s’impose alors… sans rencontrer d’obstacle… car cet avenir appartient à ceux qui savent tout prévoir ici et maintenant, dotés d’une très bonne mémoire de cet avenir ; mémoire qui n’est jamais que la compréhension du passé et pas simplement sa connaissance car savoir est une chose, comprendre en est une autre.

 

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