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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories.

DINAH : UN DRAME DE L'ABSENCE ET DU VIDE DEUX ANNÉES DURANT

Ce qui frappe dans ce drame, c'est le constat suivant : absence et vide ; absence d'une autorité, absence DE l'autorité, de ce qui fait ou devrait faire autorité ; absence des adultes autour des protagonistes, autour de la victime - parents, enseignants, chef d'établissement, médiateurs, servies sociaux, police, institution justicière ; et puis... absence de solidarité - de compassion - chez les adolescents ; solidarité, compassion qui n'ont trouvé aucune place, aucun espace, aucune opportunité pour se déployer pleinement.

Absence et vide donc !

Mais qui et quelles sont-elles toutes celles qui ont poussé cette jeune fille au suicide ? Leurs visages, leurs noms, leurs voix ! Et qu'en est-il de leur audition quant au pourquoi ? On devrait tous pouvoir les entendre - car il faut les entendre ! - ne serait-ce que pour constater l'ampleur des "dégâts" chez tous ces ados ! Dégâts à l'origine desquels on trouvera mille carences, mille obstacles sans l'ombre d'un doute, dans une société où Etre c’est Avoir.

On ne pourra pas non plus s'empêcher de souligner l'impossibilité pour les classes populaires d'obtenir toute l'attention dont elles ont besoin plus que toute autre classe ; attention qui, dans un cas particulier, peut et devrait s'imposer, plus encore lorsqu'elles sont issues des minorités visibles.

Oui ! Absence et vide... un vide entier, total ; un abîme ; absence, vide et silence aussi : motus et bouche cousue.

Le tragique c'est bien cette absence, ce vide... deux années durant ; et ces milliers d'ados qui font le choix de ne pas s'appuyer sur nous les adultes car la confiance n'est plus là sans doute ; rayés de la carte ils sont ces adultes qui semblent, pour certains d’entre eux, en être presque soulagés !

C'est intolérable car im-pensable et in-envisageable.

Pour toutes ces raisons, cette marche - comme "a posteriori "au regard du drame, une marche comme "en retard d'une marche" -... cette mobilisation qui arrive trop tard est grotesque et lâche, bien évidemment car elle ne rachète rien ; elle n’efface rien de tout ce qui vient d’être évoqué.

 

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