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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Hospitalisation : un témoignage

 

Synthèse du témoignage d’un patient hospitalisé (âgé de 58 ans - première hospitalisation) en Ile de France (IDF ouest de la petite couronne) pour une angine de poitrine (Infarctus) ; hospitalisation en cardiologie, service de soins intensifs : coronarographie et angioplastie.



***


Sans mot dire, une infirmière viendra « coller » un appareil dans l’oreille du patient sans prendre le soin de dire de quoi il s’agit ; de plus, sa température ne lui sera pas communiquée ; celle prise quelques heures auparavant, non plus.

L’infirmière se précipitera sur son ordinateur et tapotera sur le clavier.

Idem pour la prise de la tension du patient : quel niveau de tension ? Quel niveau comparé à la prise précédente ?

L’infirmière se précipitera sur son ordinateur et tapotera sur le clavier.

Test PCR (au nombre de 2) : aucun résultat ne sera communiqué au patient ; le fait qu’aucune mesure nouvelle ne soit prise, renseignera seul, par déduction, le patient quant au caractère négatif des  tests.

Idem pour les prises de sang successives : aucun retour.

Un médecin (il ne sera pas le seul à passer) pénètrera dans la chambre du patient accompagné de deux ou trois étudiants ( médecins, infirmiers ?) sans lui demander son avis ; le patient devra alors leur demander de sortir. Le médecin s’empressera de rassurer le patient avec ces mots : « Je vous respecte Monsieur » ; le patient de s’empresser de répondre ( du moins la personne qui a témoigné à propos de son hospitalisation) : «Ca tombe bien car moi aussi je ME respecte !».

Un doppler est programmé ; une fois sur les lieux, si le patient ne parle pas à la personne qui effectue ce doppler et consigne le résultat, aucun mot ne sera échangé.

Idem pour les échographies.

Un médecin (encore un nouveau visage après tant et tant d’autres) rend visite au patient pour recueillir des nouvelles sur son état de santé – du moins, le patient sera tenté de le penser ; or, à peine arrivé, ce médecin n’aura qu’un désir - c’est le sentiment qu’il donnera au patient : s’éclipser (… et aller votre ailleurs si on y trouve ce même patient ou bien un autre ?).



***



Les informations remises par ce patient attestent manifestement ce que l'on soupçonnait : le patient n’est plus au centre du dispositif de soin ; les tâches à accomplir seules le sont - la finalité c'est la température à prendre ; c'est le doppler à effectuer...

C'est aussi ça, la réforme de l'hôpital.

Sans l’ombre d’un doute, les politiques hospitalières de ces 20 dernières années n’ont pas seulement contribué à « casser » l’hôpital… à le faire dysfonctionner ; ces politiques ont aussi agi sur la manière et la façon de remplir les tâches qui incombent au personnel hospitalier ; subrepticement, ces politiques sont venues à bout des motivations premières de ceux qui ont, un jour, fait le choix de métiers dont la vocation avait sans doute pour objet le souci de l’autre, son bien-être : contact, relation, soutien psychologique, confort.

Précisons néanmoins ceci : les aides-soignants(e)s et les brancardiers semblent avoir été épargnés par cette remise en cause.

 

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