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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde, oui ! Mais sûrement pas de Ce monde ! Plus de 18 années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs, aujourd'hui sur Overblog... Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités. Bonne découverte à tous !

Acteurs, actrices : toute leur vie durant... ne penser qu'à jouer !

 

Le Bal des actrices est un faux documentaire français écrit et réalisé par Maïwenn en 2009

 

Synopsis :

           Une réalisatrice se propose de tourner un documentaire qui a pour sujet les actrices, toutes les actrices : actrices populaires, actrices aux carrières discrètes, actrices dites intellos, actrices comiques, et puis ... les actrices oubliées.

Filmant avec ou sans leur accord, très vite... la réalisatrice sera confrontée à une population de femmes aussi instables, qu'imprévisibles et manipulatrices.

 

_____________

 

Voyez comme les acteurs et actrices sont des enfants ! de grands enfants ! Pensez donc : toute leur vie durant ils ne pensent qu’à une chose : jouer ; et c’est sans difficulté que vous leur ferez jouer à tous les jeux ;  quel que soit le jeu, les règles et l'arbitre.

Un seul souci, une seule obsession chez eux tous : le bac à sable donc, le toboggan et autres joyeusetés… sous le contrôle de la maîtresse ou du maître... voire… de la nounou.

Cette addiction au jeu, à tous les jeux, c’est bien ce qui fait de ces acteurs et actrices, le plus souvent, des êtres vacants, des êtres creux ; des êtres qui n’aspirent qu’à une chose : qu’on les occupe ; ou bien plutôt : qu’on les remplisse, à ras bord qui plus est ; d’autant plus qu’on ne peut pas ne pas remarquer qu’ils ont la fâcheuse habitude de se vider à grande vitesse (1). 

D’où cette addiction qui est la leur.

Eternel recommencement. Eternelle frustration ; caste de Danaïdes aux tonneaux percés comme le mythe du même nom ; caste inoffensive certes ! même si le meurtre de celle ou de celui qui joue plus que tous les autres reste sans doute un fantasme largement partagé :

 

     « T’es qui toi pour jouer plus que moi ! Va mourir ! »

 

Asociabilité, vacuité, insatiabilité, addiction… pour cette raison, un acteur, une actrice… ça s’évite ! Pour sûr ! devoir côtoyer, contraint et forcé, un acteur, une actrice… ne pas pouvoir s’en dépêtrer… est sans doute la pire des choses qui puisse arriver à quiconque ; on ne saurait le souhaiter à personne ; pas même à son pire ennemi sans en perdre le sommeil, moralement défait d’une culpabilité sans rémission : «  Vraiment, il ne méritait pas ça ! J'y suis allé un peu fort là !».

Que l'on se détente car...

Comme un fait exprès - et l’on doit s’en féliciter ; comme quoi le monde n’est pas si mal fait  finalement ! -, ces acteurs-adultes-enfants ne fréquentent que ceux qui sont susceptibles de les faire jouer, eux tous assis dans leur canapé, attendant l’heure de la prochaine récré que la sonnerie du téléphone annoncera ; l’appel de ceux qui leur proposeront, - producteur de fêtes foraines et autres foires, montreurs d’ours -,  de jouer… jouer à nouveau, jouer encore et encore :

 

    «  Allo oui ! Vous dites... un nouveau jeu ? Je vais pouvoir jouer ?

- ...

- Vite ! Vite ! Dites m’en plus Monsieur le producteur-forain ! ...

- ...

- Vous avez déjà pensé à un titre ? 

- Le toboggan de la mort !"

 

Empressement, exaltation... on l’aura compris : hors de ce jeu, point de salut pour eux tous ! Car, un acteur hors-jeu… après un temps, très vite... c’est la déprime, la dépression assurées.

Grande alors est la tentation pour tous ces acteurs et actrices d’envier le sort de ce footballeur déclaré hors-jeu par le juge de touche ; footballeur qui n’en fera pas un drame ! Footballeur qui s’en remettra très vite, dans la seconde qui suit, pour mieux reprendre sa course avec ou bien, après… une balle,  la balle… objet de toute son attention.


En revanche, pour ces acteurs délaissés, oubliés, sortis du jeu, être privés de jeu, une semaine, un mois, une année… c’est pire que tout : c’est la mort.

Pour cette raison, il est vraiment déraisonnable d’envier la vie, le destin, le sort de quiconque épouse la profession d’acteur  - de cinéma en particulier ; profession qui ne sauvera décidément personne : ni l’acteur ni le spectateur qui en redemandent toujours plus ; toujours plus souvent ; tous deux pris dans un jeu infernal, un jeu sans fin : un jeu sur le mode : "Qui gagne aujourd'hui devra au plus tôt être capable de "penser" la défaite à venir", un jeu chassant l'autre, un acteur aussi.
 

Pour revenir à notre footballeur… rappelons ce qui suit : si, tout comme l’acteur, lui aussi est un joueur invétéré, un joueur compulsif, néanmoins, ce footballeur sait que le football ne saura se passer de cette addiction qui est la sienne.

En revanche, le cinéma, lui, n’a pas besoin d’acteurs ni d’actrices.

 

              "Mais alors, quid du cinéma ?" 

 

Que l'on se rassure !  En effet, on ne compte plus les chefs-d’œuvre aux « acteurs » non professionnels ;  acteurs rémunérés au ras des pâquerettes ; acteurs, actrices le temps d’un film, un seul.

Oui ! Décidément Oui ! Le 7è Art n’a pas besoin d’acteurs ni d’actrices ; le cinéma a simplement besoin d’un producteur, d’un auteur et d’un réalisateur. On ne le répétera jamais assez (2).

 

 

 

1 -  A propos de l’acteur adepte du remplissage, on pensera à un Denis Podalydès (sans physique, chauve à vingt ans ; acteur-loden et duffle-coat avec boutons à sifflet - oui ! on l’a surpris à plusieurs reprises soufflant dans un des boutons de son duffle-coat pour voir si ça faisait du bruit)  qui, à lui seul, doit bien occuper sur une année, les opportunités de travail, opportunités d’engagements (radio, télé, cinéma, théâtre, presse écrite), d’une centaine d’intermittents du spectacle. Et quand on connaît le taux de chômage chez les candidats à l’acteur-ariat...

 

2 - Jean Gabin était-il un grand acteur ? Difficile de répondre à cette question.

En revanche, Jean Gabin a-t-il tourné dans de grands films, ceux des années trente en particulier ? La réponse est bien évidemment : « Oui ! ». 

 

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