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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Etre au monde mais sûrement pas de Ce monde !........Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

HOSPITALISATION : UN TÉMOIGNAGE

 

           Synthèse du témoignage d’un patient hospitalisé en janvier 2022 ( Laurent C. âgé de 58 ans - première hospitalisation) en Ile de France (IDF-ouest de la petite couronne) pour une angine de poitrine  ; hospitalisation en cardiologie, service de soins intensifs : coronarographie et angioplastie (pose de deux stents).



***


Sans mot dire, une infirmière viendra « coller » un appareil dans l’oreille du patient sans prendre le soin de dire de quoi il s’agit ; de plus, sa température ne lui sera pas communiquée ; celle prise quelques heures auparavant, non plus.

L’infirmière se précipitera sur son ordinateur et tapotera sur le clavier.

Idem pour la prise de la tension du patient : quel niveau de tension ? Quel niveau comparé à la prise précédente ?

L’infirmière se précipitera sur son ordinateur et tapotera sur le clavier.

Test PCR (au nombre de 2) : aucun résultat ne sera communiqué au patient ; le fait qu’aucune mesure nouvelle ne soit prise, renseignera seul, par déduction, le patient quant au caractère négatif des  tests.

Idem pour les prises de sang successives : aucun retour.

Ce qui l'est convenu d'appeler un "cathéter veineux" est posé sur le patient ; à aucun moment le patient ne sera informé quant à la nature du produit injecté ni le pourquoi. 

Un médecin (il ne sera pas le seul à passer) pénètrera dans la chambre du patient accompagné de deux ou trois étudiants ( médecins, infirmiers ?) sans lui demander son avis ; le patient devra alors leur demander de sortir (il était question d'un soin autour de l'artère fémorale qui impliquait l'exposition des parties intimes du patient). Le médecin s’empressera de rassurer le patient avec ces mots : « Je vous respecte Monsieur » ; le patient de s’empresser de répondre ( du moins la personne qui a témoigné à propos de son hospitalisation) : «Ca tombe bien car moi aussi je ME respecte !».

Un doppler est programmé ; une fois sur les lieux, si le patient ne parle pas à la personne qui effectue ce doppler et consigne le résultat, aucun mot ne sera échangé.

Idem pour les échographies.

Un médecin (encore un nouveau visage après tant et tant d’autres) rend visite au patient pour recueillir des nouvelles sur son état de santé – du moins, le patient sera tenté de le penser ; or, à peine arrivé, ce médecin n’aura qu’un désir - c’est le sentiment qu’il donnera au patient : s’éclipser (… et aller votre ailleurs si on y trouve ce même patient ou bien un autre ?).

Le patient sortira 10 jours plus tard, ordonnance en main, traitement à vie (une complication post-opératoire l'aura retenu quelques jours de plus - un "faux anévrisme" : artère fémorale) ; aucune explication communiquée quant à la nature de ce traitement (qui est qui qui est quoi : anti-agrégants ; bêta-bloquants, statines...)

Seule la consultation par le patient du Vidal (information médicale à destination des professionnels de santé) et de la revue Prescrire (veille indépendante et objective sur les médicaments) sur internet, le renseignera sur les effets secondaires du traitement ainsi que sur le suivi recommandé - analyse sanguine tous les six mois (reins, foie...). 

 



***



Les informations remises par ce patient confirme ce que l'on pouvait légitimement soupçonner : le patient n’est plus au centre du dispositif de soin ; les tâches à accomplir seules le sont - la finalité c'est la température à prendre ; c'est le doppler à effectuer...

C'est aussi ça, la réforme de l'hôpital.

Sans l’ombre d’un doute, les politiques hospitalières de ces 20 dernières années n’ont pas seulement contribué à « casser » l’hôpital… à le faire dysfonctionner ; ces politiques ont aussi agi sur la manière et la façon de remplir les tâches qui incombent au personnel hospitalier ; subrepticement, ces politiques sont venues à bout des motivations premières de ceux qui ont, un jour, fait le choix de métiers dont la vocation avait sans aucun doute aussi ( et surtout ?) pour objet le souci de l’autre, son bien-être : soin, contact, relation, soutien psychologique, confort.

Précisons néanmoins ceci : les aides-soignants(e)s et les brancardiers semblent avoir été épargnés par cette remise en cause.

 

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