Etre au monde, oui ! Mais sûrement pas de Ce monde ! Près de 20 années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs ; durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités. Bonne découverte à tous !
8 Mars 2025
/image%2F3619358%2F20250224%2Fob_50c51b_capture-d-e-cran-2025-02-24-a-12.png)
Il n'y a pas d’Europe sans la Russie - pensons seulement à cette Europe qu’un de Gaulle appelait de ses vœux ; une Europe de Brest à Vladivostok.
Il n'y a pas de Russie sans l'Europe – à sa prise de fonction, Poutine avait demandé à réintégrer la famille Européenne ; les USA ont dit niet ; l’U.E leur a obéi.
Il faut rappeler ceci : tous ceux qui sont à la tête de la commission européenne sont tous passés par Washington.
Ce sont les USA qui ont fait Zelenski ; ce sont les USA qui vont le défaire. La fin de la guerre en Ukraine impliquera les USA qui en sont responsables et la Russie seuls. L’U.E n’aura pas son mot à dire d’autant plus qu’elle est dirigée par des hommes et des femmes qui semblent chargés d’étrangler financièrement cette Europe… de la priver de moyens, et ce afin de la priver de toute ambition d’ordre géopolitique ( former des alliances), technologique et autres : pas de croissance, pas de budget, pas de R&D ; transition écologique au compte-gouttes… sous la tutelle des USA.
A l’occasion du conflit Russie/Ukraine, les USA ont « déblayé » le terrain : objectifs atteints - Russie marginalisée ; l’économie allemande est sous le contrôle des USA ; ses approvisionnements énergétiques sont en partie US depuis le sabotage de Nord Stream 2.
L’Europe sera spectatrice.
Reste le danger suivant : une situation hors-contrôle et une guerre mondiale qui verrait la Russie alliée de la Chine après la bourde historique commise ; le refus US de voir la Russie réintégrer l’Europe - ce qui est dans la logique des stratèges US qui ne supportent plus une Europe concurrentielle sur un plan économique ; eux qui ne veulent en aucun cas partager le monde avec quiconque - que la lâcheté de l’U.E a accompagné.
***
Rappelons une nouvelle fois ceci : pour exister, la Russie a besoin de l’U.E. Poutine l’a très tôt compris tout en reconnaissant que son pays n’était pas encore prêt pour une telle intégration ou réintégration ; c’était il y a 25 ans ; à ce sujet, n’oublions jamais que Dostoïevski, Tolstoï, Gogol, Tchekhov, Pouchkine, Soljenitsyne, Lénine sont européens - pour ne rien dire des composteurs et artistes russes de Tcheikovski à Stravinski ; Chagall, Eisenstein, Tarkovski…
Le souhait de Poutine était sans malice ; et d’ailleurs quelle malice pouvait-il bien y avoir : la Russie est trop faible démographiquement, économiquement et culturellement pour espérer prendre le contrôle des Etats membres de l’U.E. Or, il se trouve que ce sont les USA qui depuis la fin de la Seconde guerre mondiale décide du destin de l’Europe sur un plan géopolitique en particulier : pensons à l’échec de de Gaulle dans son projet d’une alliance avec l’Allemagne d’Asénauer (traité de l'Elysée -1963) ; projet saboté par les USA qui, pour dédommager l’Allemagne, lui remettront les clés d’une hégémonie sans partage sur le continent européen ; hégémonie qu’ils regretteront plus tard face au poids industriel et aux dommages que l’industrie allemande causera à l’économie des USA.
Ce sont indiscutablement les USA qui décident des initiatives que l’Europe est autorisée à prendre.
Pareillement, l’Europe a besoin de la Russie pour exister indépendamment des USA qui n’ont jamais accepté l’ambition d’une Europe puissance (géopolitique et économique) d’autant plus qu’à chaque jour suffit sa peine : ils ont un concurrent, une cible gigantesques… une Chine d’un milliard cinq cent mille Chinois.
Certes, d’aucuns reprochent aux USA de jeter la Russie dans les bras de cette Chine ; c’est oublier ceci : dans le cadre d’une alliance très déséquilibrée, la Russie sera marginalisée ; la Chine, c’est dix fois la population de la Russie ; elle est sans doute aujourd’hui la première puissance industrielle ; au passage, rappelons que TIK-TOK c’est chinois.
En revanche, depuis la chute de l’URSS, et dans la continuité de cette URSS, ce qui caractérise la Russie c’est le manque ; la Russie se distingue davantage par ce que l’on n’y trouve pas et que l’on trouve partout ailleurs ; pas d’industrie automobile russe de dimension mondiale (absente sur le marché international de la voiture électrique), pas d’industrie aéronautique civile capable de concurrencer Boeing et Airbus, pas de GAFAM ; rien n’a été mis en place en termes de capacité industrielle concurrentielle à un niveau mondial depuis le démantèlement de l’URSS.
Aucune tentative de séduction destinée aux opinions publiques occidentales. L'URSS a souffert de l'absence d'une industrie du divertissement et de propagande sur le modèle hollywoodien. La Russie de Poutine qui ne fait rêver personne, ne s'en est pas souciée non plus.
La Russie semble appelée à partager le sort des pays producteurs de Gaz et de Pétrole… économie de rente qui vous endort, vous neutralise ; une économie de guerre comme alternative n’y changera rien. Aussi, cela sera d’autant plus facile de mettre cette Russie sans talent, sans projet, sans dynamique… sur la touche, de la marginaliser pour longtemps.
Le but des USA dans les années à venir, c’est de continuer de marginaliser la Russie et l’Europe, de leur ôter toute capacité d’exercer une influence sur le cours des événements mondiaux et plus encore… incapacité à protéger leurs intérêts faute de moyens et d’expertise.
La grande perversité des USA, sa grande intelligence, c’est de continuer à former des candidats à la tête de l’U.E dont la principale mission est d’affaiblir l’Europe et de continuer de la marginaliser ainsi que la Russie (Madame van der Leyen – aristocrate allemande - y contribue admirablement ; ses prédécesseurs aussi)…
Marginalisation de la Russie, de l’Europe ; l’Afrique semble n'avoir qu'un destin : être pillée sans vergogne entre deux génocides ; l’Inde est encore à la traîne ; arrive alors le duel USA-Chine à fleuret moucheté certes ! sur le modèle de la guerre froide ; cet affrontement fera la fortune des actionnaires du lobby militaro-industriel d’autant plus que l’on ne fait pas la guerre seuls, sans alliés, à une nation d’un milliard cinq cent mille âmes corvéables à merci, pour la guerre y compris.
Des guerres sous proxy (faux drapeaux) verront à nouveau le jour : Taiwan, Corée du Nord ; quant à l’Afrique, les USA pourraient en verrouiller l’accès à cette Chine dévoreuse d’énergie et déterminée à exporter ses savoir-faire et sa main d’œuvre ; d’ici deux décennies, les pays dont le fonctionnement reposera encore, en majorité, sur la consommation d’énergie fossile seront considérés comme « Etats écocides » après les « Etats voyous » tels que présentés par les USA sous Bush ; ils feront l’objet de sanctions destinées à les marginaliser ; et enfin... les guerres de l’eau à venir ne devraient pas impliquer la Chine et les USA en confrontation directe non plus ; toutefois, il n’est pas incertain qu’elles les impliquent par l’intermédiaire de leurs vassaux respectifs.
***
En conclusion provisoire : plus il est question de la Chine, plus il est question des USA et plus une Europe-Russie sombre dans les oubliettes de l’Histoire. Quant à la France… les locataires de l’Elysée de ces 20 dernières années et du quai d’Orsay et ceux des vingt prochaines, n’ont pas fini de déclencher de la part des chancelleries internationales des crises de fou-rire incompressibles.