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Le meilleur de Serge ULESKI : société, politique, art et culture

Quinze années d’édition de billets de blog sur 20-minutes, Médiapart et Nouvelobs avant la fermeture de leur plateforme respective sont réunies ici. Durant toutes ces années, sachez que tout ce qui est beau, rare, difficile et courageux ne m’aura pas été étranger ; d'où le choix de mes catégories et des sujets traités.

Charles Ratton : art africain, art océanien...

              

 

 

 

 

 

Charles Ratton est considéré comme un des plus grands experts et marchands d’art des années 30 aux années 70 ; grande figure historique tutélaire, il a très tôt œuvré pour la reconnaissance des arts extra-européens, arts dits de « haute époque » pour les uns, « exotiques » pour d’autres et « primitifs » (aujourd'hui on utilise le terme "Premiers") pour d’autres encore, de l’Ile de Pâques au Cameroun, de la Nouvelle-Guinée au Mexique précolombien.

                     L'Art africain (1), c'est un siècle de redécouverte de nous-mêmes ! Car enfin, Gobineau n’attribuait-il pas la paternité de l’Art à l’Afrique ? Et plus encore à l'heure où l'origine africaine de l'homme moderne est maintenant scientifiquement établie !

                 Savant mais pas voyageur, Charles Ratton qui ne foulera jamais le sol africain ni de l'Océanie, aura pour meilleurs clients, les surréalistes : Eluard, Breton, Tristan Tzara…

 

                

 

                 Charles Ratton à propos de l'Art africain et océanien dans la préface du prospectus de l'exposition de 1937 au Théâtre Edouard-VII dont il assurera la maîtrise d'oeuvre : « On sait que l’art des Noirs d’Afrique a été découvert il y a trente ans par des peintres. Picasso, Matisse, Derain, Vlaminck furent parmi les premiers à s’y intéresser et à considérer comme belles des sculptures qui jusqu’ici avaient été regardées comme les essais maladroits de peuples dénommés « sauvages », bonnes tout au plus à orner les panoplies des voyageurs ou les citrines poussiéreuses des musées d’ethnographie. Les sarcasmes qui accueillirent au début cette découverte des artistes ont fait place au respect. L’art de l’Afrique noire se range aujourd’hui parmi les grandes traditions artistiques du monde. C’est que nous avons appris à considérer les manifestations artistiques des cultures qui nous sont étrangères en dehors de leur contenu psychologique, pour nous toujours obscur, en nous basant seulement sur leurs qualités plastiques (…) Ainsi avons-nous pu élargir le champ de nos notions esthétiques, de notre plaisir et apprécier la sculpture de l’Afrique, celle des Mayas et des Aztèques, de la Chaldée et de l’Océanie ».

 

                   Exposition "Charles Ratton, l'invention des Arts "Primitifs"" présentée au musée du quai Branly en 2013.

 

             Prémonitoire, déjà en 1937, Charles Ratton écrivait : « La sculpture nègre est morte maintenant, avec les dieux. C’est pour les touristes que sous peu d’années s’exécuteront les tam-tams et les danses. »

            Discipline ethnologique, musées ethnographiques, face publique d’une politique nationale impérialiste dès les années 1920… c’est la colonisation qui aura donc révélé au monde "l’art nègre" avant de l’assassiner.

 

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1 - L'Art africain, Art premier... Art qui nous console de l'art contemporain (comptant-pour-rien) fossoyeur de l'Art moderne.  

            Pour prolonger, cliquez : Pour en finir avec l'art contemporain

 

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